Nouveau procès ordonné pour la mort de Thierry Morfoisse, victime des algues vertes en Bretagne

Nouveau procès ordonné pour la mort de Thierry Morfoisse, victime des algues vertes en Bretagne

08.01.2026 19:27
3 min de lecture

La Cour de cassation a pris une décision significative. Ce jeudi 8 janvier 2025, la plus haute instance juridique française a ordonné un nouveau procès dans l’affaire Thierry Morfoisse. En 2009, ce chauffeur a perdu la vie alors qu’il transportait des algues vertes sur le littoral de Binic, dans les Côtes-d’Armor. Âgé de 48 ans à l’époque, il était employé par la société Nicol, chargée d’éliminer ces algues qui polluent les plages bretonnes. Les proches de Morfoisse s’interrogent toujours : les algues vertes ont-elles causé sa mort ? La justice française ne l’a pas jugé ainsi. En 2018, son décès avait été qualifié d’accident du travail, mais la faute inexcusable de l’employeur n’a pas été reconnue par le tribunal des affaires sociales, au grand désespoir de la famille du chauffeur, rapporte TopTribune.

Quelques jours avant sa mort, Thierry Morfoisse avait présenté des symptômes compatibles avec une intoxication à l’hydrogène sulfuré, un gaz toxique émis par les algues vertes en décomposition. « Des yeux qui brûlent, des vomissements, des maux de tête », avait plaide l’avocat de ses proches devant la cour d’appel de Rennes.

À ce moment-là, le chauffeur travaillait sans aucune protection. Ni masque, ni cabine étanche, ni appareil de mesure de la toxicité de l’air n’étaient à sa disposition. Malgré cela, la responsabilité de la société n’a pas été engagée. Toutefois, la Cour de cassation a désormais jugé nécessaire un nouveau procès. « Aujourd’hui, c’est une nouvelle histoire qui s’écrit. Elle sera longue aussi », a déclaré l’association Défense des victimes des marées vertes. Ainsi, le combat prolongé de la famille de Thierry Morfoisse pourrait enfin obtenir un résultat.

Des résultats juridiques en perspective

En juin dernier, l’État avait été reconnu coupable de négligence suite à la mort de Jean-René Auffray en 2016, survenant dans une zone recouverte d’algues vertes. Le joggeur avait été retrouvé sans vie, asphyxié par l’hydrogène sulfuré. Pour la première fois, la cour d’appel de Nantes avait reconnu la responsabilité de l’État dans cette affaire, marquant ainsi un tournant décisif pour tous ceux qui, comme les proches de Morfoisse, cherchent à révéler une réalité souvent minimisée : les algues vertes peuvent être mortelles.

Cette décision de la Cour de cassation concernant Thierry Morfoisse rappelle l’urgence d’aborder la question des algues vertes en Bretagne, un problème de santé publique qui ne semble pas encore avoir reçu l’attention qu’il mérite. Les effets de la prolifération des algues vertes sur la santé des travailleurs et des usagers des plages soulèvent des inquiétudes croissantes. Des initiatives telles que celles de l’association Défense des victimes des marées vertes visent à sensibiliser le public et à faire pression sur les autorités pour garantir une protection adéquate des travailleurs exposés à ces conditions risquées.

Alors que de nouveaux procès se préparent, les voix s’élèvent pour demander des mesures préventives face à l’accroissement des algues vertes sur les côtes bretonnes. Les gouvernements locaux et nationaux devront être tenus responsables de la protection de leurs citoyens et de la santé des écosystèmes marins. La prise de conscience autour des dangers des algues vertes pourrait devenir un catalyseur pour un changement législatif crucial concernant la gestion des déchets marins et la régulation de l’agriculture intensive, souvent pointée du doigt pour son rôle dans cette problématique.

En outre, l’enquête sur la mort de Thierry Morfoisse et son nouvel examen judiciaire soulignent l’importance de garantir des conditions de travail sûres à tous les employés exposés à des substances toxiques. CE travail ne doit pas être négligé et exige une vigilance croissante de la part des autorités. Le contexte juridique et politique doit évoluer pour refléter la gravité de la situation et s’attaquer sans détour aux causes sous-jacentes de la prolifération d’algues vertes, qui continuent de poser un risque non seulement pour la santé humaine mais aussi pour l’écosystème côtier fragile.

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.

Dernières nouvelles

À NE PAS MANQUER