Le débat sur la situation au Venezuela divise tant au niveau international que dans l’Hexagone. Ce samedi, Emmanuel Macron a « pris acte » de la fin de la « dictature Maduro », affirmant que le « peuple vénézuélien » ne peut que se « réjouir ». « Le peuple vénézuélien est aujourd’hui débarrassé de la dictature de Nicolás Maduro et ne peut que s’en réjouir », a déclaré le chef de l’État sur X, rapporte TopTribune.
Macron a insisté sur le fait que Nicolás Maduro, en confisquant le pouvoir et en piétinant les libertés fondamentales, a gravement atteint la dignité de son propre peuple. Toutefois, il n’a pas mentionné les attaques américaines ayant conduit à l’arrestation du président vénézuélien.
« Honte ultime » selon la gauche
Cette position a été qualifiée de « honte » par la gauche, qui accuse le président français de complaisance envers les États-Unis. Jean-Luc Mélenchon, leader de La France insoumise, a déclaré : « la prise de position de Macron n’est pas la voix de la France. Il nous fait honte. Il abandonne le droit international ». Il a qualifié la journée de « sombre pour notre pays » et son lieutenant Manuel Bompard a exprimé son désarroi face à la France réduite « à féliciter les coups de force de Trump ».
Le Parti socialiste a également manifesté son indignation. Selon son premier secrétaire, Olivier Faure, « la France n’est pas un État vassal des USA et notre président ne peut pas se comporter comme un simple porte-parole de la Maison-Blanche ». Patrick Kanner, patron des sénateurs PS, a renforcé cette idée, affirmant que M. Macron piétine toute notre histoire diplomatique. Fabien Roussel, leader du Parti communiste, a quant à lui évoqué une « honte ultime » pour la France, la qualifiant de « 51e État des USA ».
Ambiguïté de l’exécutif…
Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a été plus direct samedi après-midi, affirmant que l’opération américaine « contrevient » au droit international. « La France rappelle qu’aucune solution politique durable ne saurait être imposée de l’extérieur et que les peuples souverains décident seuls de leur avenir », a-t-il ajouté sur X. Emmanuel Macron, de son côté, a mis l’accent sur la nécessité d’une « transition à venir », qui « doit être pacifique, démocratique et respectueuse de la volonté du peuple vénézuélien ».
Il a plaidé pour que cette transition soit assurée « au plus vite » par Edmundo Gonzalez Urrutia, candidat de l’opposition à la présidentielle de 2024. Pendant ce temps, Donald Trump a déclaré que les États-Unis « dirigeraient » le Venezuela jusqu’à ce qu’une transition politique « sûre » soit établie.
… et contorsion politique
D’autres responsables politiques ont également été confrontés à une délicate équation, cherchant à dénoncer l’attaque américaine tout en évitant d’apparaître comme des soutiens de Nicolás Maduro. L’eurodéputé social-démocrate Raphaël Glucksmann a noté : « Pas une larme pour le dictateur ploutocrate Maduro, mais il faut avoir conscience que nous entrons dans un monde sans droit international où prévaut la loi du plus fort ».
Gabriel Attal, chef de file des députés macronistes, a déclaré qu’il « ne regrette pas » le départ de ce « dictateur ». Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national, a reconnu qu’il y avait « mille raisons de condamner le régime de Nicolás Maduro », cependant, elle a souligné que « la souveraineté des États n’est jamais négociable ».
Le président des Républicains, Bruno Retailleau, a semblé plus conciliant envers Donald Trump, estimant que le narcotrafic nécessite « une réplique ferme », bien que la souveraineté vénézuélienne « demeure sacrée ».