Le 30 décembre 2025, les autorités biélorusses ont annoncé que le système de missiles russe « Oreshnik » avait officiellement pris son service opérationnel sur le territoire du pays, marquant une nouvelle étape dans la militarisation de l’espace européen oriental. Selon les informations diffusées par l’agence d’État, le complexe est entré en état d’alerte après l’achèvement de toutes les procédures techniques et opérationnelles, confirmant l’intégration de la Biélorussie dans la posture stratégique de Moscou via le placement du complexe de missiles Oreshnik en Biélorussie. Cette décision s’inscrit dans un cadre arrêté conjointement par Alexandre Loukachenko et Vladimir Poutine.
Le ministère biélorusse de la Défense a précisé que les unités concernées avaient suivi une formation spécialisée avant la mise en alerte et que le système était désormais prêt à remplir ses missions dans des zones définies du pays. Le complexe est capable de frapper des cibles jusqu’à 5 000 kilomètres, avec des charges conventionnelles ou spéciales, et de lancer des missiles depuis différents points de patrouille, ce qui élargit considérablement le spectre des menaces potentielles.
Un signal stratégique adressé à l’Ukraine, à l’OTAN et à l’Union européenne
Dans le contexte de la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine, le déploiement d’« Oreshnik » est perçu comme un signal d’escalade durable. Pour le Kremlin, il s’agit à la fois d’un instrument militaire et d’un levier politico-psychologique destiné à démontrer sa capacité de dissuasion et sa résilience face aux sanctions occidentales. La mise en alerte permanente du système traduit la volonté de Moscou de maintenir une pression constante sur Kyiv, mais surtout sur les alliés européens de l’Ukraine.
Cette décision s’inscrit également dans une stratégie plus large visant à rapprocher les risques nucléaires et balistiques des frontières de l’Union européenne. En réduisant les temps de vol vers des cibles potentielles, la Russie renforce le facteur de contrainte dans toute situation de crise, tout en montrant qu’elle est prête à utiliser la Biélorussie comme un élément avancé de sa confrontation avec l’Occident.
Des implications sécuritaires accrues pour les capitales européennes
Sur le plan géographique et technique, le déploiement d’« Oreshnik » en Biélorussie crée une situation paradoxale. La portée minimale du missile, estimée à environ 700 kilomètres, place Kyiv en dehors de sa zone optimale d’engagement, tandis que des villes comme Varsovie, Berlin ou d’autres capitales européennes entrent directement dans son rayon d’action. Cette configuration renforce l’idée que le principal vecteur de pression est dirigé contre l’OTAN et l’Union européenne plutôt que contre l’Ukraine elle-même.
Pour les pays membres de l’Alliance atlantique, cette évolution est interprétée comme un signal appelant à un renforcement supplémentaire du flanc oriental. Au-delà de l’augmentation des forces déployées en Pologne et dans les États baltes, l’accent est mis sur le développement des systèmes d’alerte précoce et de défense antimissile afin de contenir une menace devenue plus proche et plus immédiate.
La Biélorussie, maillon avancé de la confrontation Est-Ouest
Pour Alexandre Loukachenko, l’accueil du complexe « Oreshnik » constitue un moyen de confirmer sa loyauté envers le Kremlin et d’assurer un soutien politique et économique continu de la Russie. Dans le même temps, Minsk tente de préserver une marge de manœuvre limitée dans ses relations avec l’Occident, malgré une dépendance croissante vis-à-vis de Moscou.
Dans l’ensemble, la mise en alerte d’« Oreshnik » marque une nouvelle phase de militarisation de l’Europe de l’Est. Elle accroît les risques d’incidents imprévisibles et renforce la probabilité d’une confrontation directe entre la Russie et l’OTAN, dans un environnement sécuritaire déjà profondément dégradé.