L'écart d'espérance de vie entre les populations aisées et modestes s'est accru en France

L’écart d’espérance de vie entre les populations aisées et modestes s’est accru en France

18.12.2025 12:46
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Une étude de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), publiée le 15 décembre, révèle que l’argent influence l’espérance de vie. Selon les résultats de l’enquête portant sur la période 2020-2024, les hommes parmi les 5 % des plus aisés ont une espérance de vie à la naissance de 85 ans, tandis que ceux des 5 % les plus modestes ne vivent en moyenne que jusqu’à 72 ans, soit un écart de 13 ans, rapporte TopTribune.

Pour les femmes, cet écart est également notable mais moins marqué : 88,7 ans pour les 5 % les plus riches contre 80,1 ans pour les plus pauvres, représentant une différence de neuf ans. Cette inégalité s’est intensifiée entre 2012-2016 et 2020-2024, l’écart d’espérance de vie à la naissance augmentant légèrement, passant de 8,3 ans à 8,7 ans pour les femmes et de 12,7 ans à 13,0 ans pour les hommes.

Selon l’Insee, cette évolution indique une hausse des causes de décès socialement inégalitaires entre 2012-2016 et 2020-2024 ou une accentuation de l’impact social de certaines causes de décès.

Niveau de vie, diplôme et catégorie sociale au cœur des inégalités

Les facteurs expliquant la longévité des individus en fonction de leur statut économique sont multiples. Un niveau de vie plus élevé permet un meilleur accès aux soins de santé, alors que 3,2 % des 20 % les plus modestes déclarent avoir renoncé à des soins médicaux pour des raisons financières, comparé à 1,8 % dans l’ensemble de la population.

Le niveau de vie est également lié à la catégorie socio-professionnelle et au niveau de diplôme. Les cadres sont moins exposés à des risques professionnels par rapport aux ouvriers, et les comportements à risque, comme le tabagisme, sont moins fréquents parmi les diplômés. Par exemple, 21 % des adultes sans diplôme ou avec un diplôme inférieur au baccalauréat fument quotidiennement, tandis que ce taux est de seulement 13 % chez les diplômés du supérieur.

De plus, le diplôme et la catégorie sociale influencent la littératie en santé, c’est-à-dire la capacité d’accéder, de comprendre et de transmettre des informations sanitaires. Un mauvais état de santé peut également entraîner des difficultés économiques, allant jusqu’à l’abandon des études ou l’incapacité d’accéder à des emplois qualifiés.

Les maladies chroniques inégalitaires socialement

L’enquête révèle qu’à 50 ans, la proportion d’hommes décédant dans l’année est de 8,3 ‰ chez les plus modestes, contre 1,2 ‰ chez les plus aisés, soit un risque de décès sept fois plus élevé pour les hommes des classes les plus défavorisées. À 60 ans, cet écart est réduit à six ans et à deux ans à 80 ans. À 20 ans, l’écart est de trois ans.

Les femmes présentent un rapport de risque similaire, atteignant un maximum à 55 ans, avec une proportion de décès de 6,7 ‰ chez les plus modestes et de 1,2 ‰ chez les plus aisées. Ces différences sont en partie attribuables à des décès causés par des maladies chroniques qui sont plus fréquents dans les milieux défavorisés.

À noter : l’espérance de vie à la naissance indique la durée de vie moyenne d’une génération fictive soumise aux conditions de mortalité d’une année spécifique.

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