
Le 15 décembre 2025, Générations Futures a dévoilé son dernier rapport annuel sur la présence de résidus de pesticides dans les fruits et légumes non biologiques commercialisés en France. Basée sur les contrôles effectués par les autorités sanitaires, cette analyse a pour objectif d’évaluer l’exposition réelle de la population à ces substances, dans un contexte où l’alimentation constitue l’une des principales voies d’exposition chronique aux pesticides, rapporte TopTribune.
Pesticides dans les fruits et légumes : un état des lieux
Cette étude s’appuie sur l’évaluation de 1 912 échantillons représentant 29 fruits et légumes variés, prélevés lors des plans de contrôle officiels. Selon les résultats de Générations Futures, 61 % des fruits et légumes non bio présentent au moins un résidu de pesticide détectable, ce qui souligne une contamination alimentaire préoccupante.
Les données révèlent une variation significative entre les différentes catégories de produits. Les fruits sont généralement plus touchés que les légumes. En effet, 78 % des fruits non biologiques analysés portent des traces de pesticides, tandis que ce chiffre ne s’élève qu’à 53 % pour les légumes, d’après l’analyse de Générations Futures. Cette différence est attribuée à divers facteurs, tels que la vulnérabilité accrue de certaines cultures fruitières face aux maladies et aux insectes, ainsi qu’à la fréquence des traitements phytosanitaires.
Certains aliments se démarquent par des niveaux de contamination particulièrement élevés. Par exemple, les cerises montrent un taux de contamination de 98 %, ce qui indique que presque tous les échantillons testés contenaient au moins un pesticide, comme le souligne Générations Futures.
Pesticides et santé : quels enjeux sanitaires ?
Au-delà de la simple fréquence de détection, le rapport met en lumière la nature des pesticides retrouvés dans les fruits et légumes. Plusieurs des substances identifiées appartiennent à des catégories considérées comme préoccupantes sur le plan de la santé. Générations Futures mentionne expressément des pesticides classés CMR, qui sont reconnus comme cancérogènes, mutagènes ou reprotoxiques. François Veillerette, porte-parole de l’association, résume cette situation dans une déclaration publique : « Ces chiffres confirment une fois de plus que des substances dangereuses se retrouvent dans notre alimentation, malgré les alertes répétées ».
Les enjeux sanitaires sont particulièrement cruciaux pour certaines populations. Générations Futures souligne que l’exposition aux pesticides à travers l’alimentation commence dès le plus jeune âge. Les femmes enceintes, les nourrissons et les enfants sont considérés comme des groupes plus vulnérables, en raison de leur développement physique et du rapport entre la dose ingérée et le poids corporel.