L’UE envisage de supprimer les limites de temps pour certains pesticides malgré les critiques des ONG

L’UE envisage de supprimer les limites de temps pour certains pesticides malgré les critiques des ONG

17.12.2025 08:36
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La Commission européenne a annoncé mardi une proposition controversée visant à autoriser certains pesticides sans limite de temps, suscitant des critiques de la part des ONG qui y voient un recul en matière de santé et d’environnement. Les nouvelles règles visent à simplifier le système d’autorisation des pesticides, jusqu’à présent limité à dix ou quinze ans, et seront prochainement soumises aux États membres et aux eurodéputés, rapporte TopTribune.

En vertu de cette proposition, la Commission souhaite rendre le système d’autorisation plus « réactif » en supprimant l’obligation de renouvellement pour certaines substances actives, à l’exception des produits jugés dangereux. Actuellement, la législation en vigueur requiert un renouvellement périodique, mais Bruxelles estime que la plupart des substances actives approuvées ont déjà subi des processus de réévaluation, ce qui justifie l’introduction de cette mesure. « Étant donné que la plupart des substances actives approuvées ont fait l’objet d’au moins un processus de renouvellement et que les nouvelles substances actives devraient présenter de meilleures propriétés toxicologiques, il est proposé que les approbations des substances actives deviennent illimitées dans le temps », indique un rapport de la Commission.

Ce changement est perçu par certains experts comme un risque pour la santé publique et l’environnement. Martin Dermine, responsable au sein du collectif d’ONG Pesticide Action Network (PAN) Europe, a déclaré : « La proposition continue de saper des piliers essentiels de la législation européenne et reste fortement influencée par les demandes de l’industrie des pesticides. Les premières victimes de ce recul en matière de santé et d’environnement seront les agriculteurs et les communautés rurales, chroniquement exposés aux pesticides toxiques. »

Des modifications des règles d’autorisation

En plus de la question des pesticides, la Commission européenne propose aussi d’assouplir l’obligation de renouveler les autorisations pour les additifs utilisés dans les aliments pour animaux et d’adopter une numérisation des étiquettes. Ces mesures suscitent des préoccupations concernant la sécurité des aliments et le contrôle sanitaire dans l’Union européenne.

Les ONG préviennent que la santé des agriculteurs, ainsi que celle des consommateurs, pourrait être mise en péril par ces révisions. À une époque où les risques environnementaux sont de plus en plus pressants, le timing de cette proposition soulève des inquiétudes quant à l’avenir des réglementations en matière de pesticides en Europe.

La société civile se mobilise déjà contre ces réformes. Un rassemblement a eu lieu récemment devant l’Assemblée nationale à Paris, où plusieurs centaines de personnes, dont des députés et des militants écologistes, ont exprimé leur opposition à la soi-disant « loi Duplomb », qu’ils accusent de favoriser la réintroduction de pesticides nocifs.

Ce mouvement illustre un contraste marqué entre les intérêts des industries agrochimiques et ceux des citoyens préoccupés par leur santé. Alors que les lobbies industriels mettent en avant la nécessité de renouveler les approbations de manière plus fluide, les défenseurs de l’environnement soulignent l’importance d’un contrôle rigoureux pour assurer un avenir durable.

La Commission européenne a justifié ses propositions par la nécessité d’alléger le fardeau administratif pour les entreprises tout en maintenant un niveau élevé de protection de la santé humaine et de l’environnement. « Toutefois, afin de maintenir ce haut niveau de protection, il sera toujours possible de fixer des limites de durée pour les approbations si cela est jugé approprié à la lumière des résultats de l’évaluation des risques », a nuancé l’exécutif européen.

La réaction des gouvernements membres de l’Union et des eurodéputés sera cruciale dans les semaines à venir, alors qu’ils examineront cette proposition et ses implications potentielles sur la santé publique et la sécurité alimentaire. Avec des voix croissantes demandant une régulation plus stricte des pesticides en Europe, le débat s’annonce intense.

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