Le bruit constitue un danger pour la santé de 70 % des habitants d'Île-de-France.

Le bruit constitue un danger pour la santé de 70 % des habitants d’Île-de-France.

16.12.2025 09:16
2 min de lecture

Le 15 décembre 2025, l’étude Somnibruit a révélé des résultats significatifs. Pour la première fois dans l’Hexagone, des chercheurs ont établi un lien troublant entre la pollution sonore nocturne et les problèmes chroniques de sommeil en Île-de-France. En croisant les données sur le bruit ambiant et les remboursements de médicaments contre l’insomnie, ils ont dressé un tableau alarmant pour Paris et sa périphérie, rapporte TopTribune.

Le bruit nuit aux nuits des Franciliens

La région Île-de-France ne connaît guère le silence. Durant la nuit, période supposée être propice à la récupération, le bruit persiste, issu du trafic routier, des trains, des avions et des activités nocturnes. D’après les chercheurs, près de 76 % des habitants de cette région, ce qui représente environ 8 millions de personnes, subissent des niveaux sonores nocturnes dépassant les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé, établies à 45 décibels, selon l’Université Paris Cité.

Cette exposition omniprésente impacte gravement le sommeil. Une analyse des données issues de 432 communes et 20 arrondissements parisiens, englobant plus de 10,5 millions d’habitants, montre une corrélation significative : les niveaux de bruit nocturne élevés sont en lien direct avec des troubles du sommeil plus fréquents. Selon Nathalie Beltzer, directrice de l’Observatoire régional de santé d’Île-de-France, « l’exposition au bruit nocturne est clairement associée à une augmentation des remboursements de médicaments visant à combattre l’insomnie », comme le souligne l’Université Paris Cité.

Des statistiques alarmantes pour la santé publique

Chaque année, environ 510 000 Franciliens bénéficient de remboursements pour des troubles chroniques du sommeil, selon les résultats de l’étude Somnibruit. Ce chiffre traduit un taux de 65,4 pour 1 000 habitants, considéré élevé par les chercheurs, surtout dans un environnement déjà soumis à de multiples sources de stress.

Le bruit routier demeure le principal facteur à l’origine de cette problématique. Néanmoins, les chercheurs mettent en lumière d’autres sources qui nuisent aussi au sommeil. Environ 1,2 million de personnes subissent la nuit des nuisances sonores liées aux chemins de fer ou à des activités récréatives, et près d’un million d’habitants sont affectés par le bruit aérien, comme le rapportent les résultats publiés dans Environmental Health. Ces nuisances segmentent le sommeil, diminuent les phases de sommeil profond, et peuvent augmenter, à long terme, les risques cardiovasculaires, avertissent les scientifiques.

Solutions pour atténuer l’impact du bruit sur le sommeil

Le bruit n’est pas qu’une simple gêne ; il représente un risque pour la santé, à l’instar d’autres formes de pollution. « C’est inédit en France, un lien aussi direct est établi entre le bruit nocturne et la consommation de traitements hypnotiques », fait remarquer Nathalie Beltzer, selon l’Université Paris Cité. Cette constatation soulève des questions tant pour les autorités que pour les citoyens.

Sur le plan individuel, les experts suggèrent certaines actions pour atténuer l’impact du bruit sur le sommeil, bien qu’il soit crucial d’accompagner ces mesures de politiques publiques vigoureuses :

  • améliorer l’isolation phonique des chambres, en particulier au niveau des fenêtres ;
  • maintenir des horaires de coucher réguliers pour favoriser un sommeil réparateur ;
  • réduire l’utilisation d’écrans avant le coucher, car cela accentue la sensibilité au bruit ;
  • recourir avec prudence à des solutions temporaires telles que des bouchons d’oreilles ;
  • consulter un professionnel en cas de troubles persistants au lieu de se tourner systématiquement vers des somnifères.

Pour les chercheurs, ces recommandations individuelles ne sauraient suffire. Il est impératif d’intégrer la lutte contre le bruit dans les politiques de santé publique. L’Agence européenne pour l’environnement souligne d’ailleurs que le bruit généré par les transports est responsable chaque année de plusieurs dizaines de milliers de décès prématurés.

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