Le projet d’introduction de l’euro numérique suscite des tensions croissantes entre ses partisans et les acteurs du secteur des cryptomonnaies. Lors d’une intervention au Parlement européen, Aurore Lalucq, députée européenne et présidente de la Commission des affaires économiques et monétaires, a souligné que « l’accès au cash devient un parcours du combattant » alors que les agences ferment, privant les plus vulnérables d’un moyen de paiement crucial, rapportent TopTribune.
Dans un contexte où « le monde bascule » vers le numérique, Lalucq a affirmé qu’il est impossible de payer « avec des billets et des pièces sur internet », justifiant ainsi la nécessité d’un euro numérique pour permettre des paiements en cash dans le monde digital.
Ce projet de l’euro numérique, mis en avant par la Banque Centrale Européenne (BCE), sera accessible à tous les citoyens dans les 20 pays de la zone euro. La mise en circulation de cette monnaie publique est prévue au plus tard pour 2029, après validation du Conseil et du Parlement européens. Ce nouvel instrument viendra compléter les systèmes de paiement privés existants.
Cette annonce a engendré des réactions au sein de la communauté crypto sur X. Ludovic Lars, auteur de « L’Élégance de Bitcoin », a rappelé que le bitcoin permet, depuis 2009, de réaliser des paiements « en cash » sur le net, sans intermédiaire, permettant ainsi une totale liberté de contrôle sur les transactions.
En parallèle, une multitude de cryptomonnaies ont émergé, offrant déjà la possibilité de paiements en ligne de manière anonyme ou pseudonyme.
« Que les choses soient claires »
Un certain nombre de citoyens expriment des craintes concernant une surveillance accrue de leurs transactions financières par la BCE, l’euro numérique étant émis par cette autorité. Gilles Cadignan, co-fondateur de la société crypto Woleet, s’est exprimé en ces termes : « Contrairement au cash, avec les monnaies digitales de banques centrales, on saura qui utilise l’argent et pourquoi! 1984 a eu un peu de retard mais nous y voilà pour de bon. »
Aurore Lalucq a également tenu à clarifier sa position sur LinkedIn après la publication de sa vidéo, déclarant : « Que les choses soient claires: quiconque s’oppose à l’euro digital va à l’encontre de l’euro et de l’Union européenne. Dans le moment politique et géopolitique actuel, il faut savoir choisir son camp. Le mien est celui de l’Europe, de l’euro et de la démocratie. Vive l’euro digital. »