La Bretagne obtient l'autorisation de prospecter ses sous-sols à la recherche de minerais rares

La Bretagne obtient l’autorisation de prospecter ses sous-sols à la recherche de minerais rares

10.12.2025 12:47
2 min de lecture

La Bretagne est sur le point de voir émerger une nouvelle ère d’exploration minière, alors que l’État français a récemment accordé des permis de recherche à la start-up Breizh Ressources, soutenue par la société canadienne Aurania Ressources. Cette décision a été officialisée après une consultation publique, permettant ainsi à Breizh Ressources d’explorer trois secteurs différents, couvrant les départements du Morbihan, de l’Ille-et-Vilaine et de la Loire-Atlantique, rapporte TopTribune.

Les nouveaux permis, nommés Epona, Taranis et Bélénos, permettront à l’entreprise de prospecter sur des zones stratégiques. Le permis Epona couvre quatre communes, Taranis vingt communes, tandis que Bélénos s’étend sur dix-huit communes. Selon la préfecture, ces permis seront renouvelables plusieurs fois, pour une durée cumulée maximale de quinze ans, afin de permettre un examen approfondi des ressources minérales présentes.

Mobilisation des opposants

Cette initiative suscite cependant des préoccupations considérables au sein de la population locale. Dans la région de Redon, des collectifs tels que Stop Taranis se mobilisent activement pour s’opposer à l’extraction minière, arguant que cela pourrait entraîner des conséquences environnementales désastreuses. Les critiques se concentrent particulièrement sur les risques associés à l’ouverture potentielle de mines, une perspective qui effraie de nombreux habitants, inquiets pour la santé de leur environnement.

Toutefois, la préfecture du Morbihan a tenté de rassurer les citoyens en précisant que les permis accordés ne confèrent pas un droit d’exploitation, mais seulement celui de prospecter. Jean Baranger, membre du collectif Stop Taranis, remet en question cette assurance. Il a affirmé au printemps qu’il est inévitable qu’une exploration conduise à une exploitation : « S’ils viennent ici, c’est qu’ils ont de grandes chances de trouver ce qu’ils recherchent. Et quand on met le doigt dans l’exploration, on met le pied dans l’exploitation. »

Rassurer les opposants

En réponse à ces préoccupations, Breizh Ressources a affirmé que seulement 1 à 5 % des prospections mènent effectivement à l’ouverture d’une mine. De plus, Guillaume Mamias, responsable environnement de l’entreprise, a souligné que s’il devait y avoir des découvertes, celles-ci seraient effectuées de façon responsable. « On ne sacrifiera pas des territoires comme dans certains pays. La France, ce n’est pas le Congo, » a-t-il déclaré, s’efforçant de calmer les opposants à l’exploration.

Perspectives d’avenir

Pour informer la population sur le projet, une réunion devrait être organisée dans les semaines à venir dans les préfectures concernées. Cette réunion visera à clarifier les étapes du programme d’exploration et à exposer le calendrier de suivi prévu par l’État. Alors que la Bretagne se positionne potentiellement sur la carte minière européenne, le débat entre développement économique et protection environnementale promet de rester vif.

Les enjeux sont élevés, tant pour les acteurs économiques que pour les citoyens, alors que l’Europe se dirige vers une transition énergétique nécessitant de nouvelles ressources. Les autorités françaises face à une demande croissante de minerais rares auront fort à faire pour équilibrer les intérêts des entreprises minières et les préoccupations environnementales de la population, tout en naviguant dans un paysage politique français de plus en plus conscient des enjeux écologiques.

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