Accord de paix entre la République démocratique du Congo et le Rwanda : la violence persiste malgré les déclarations triomphantes de Donald Trump
La semaine dernière, le président américain Donald Trump a salué un accord de paix « historique » entre la République démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda lors d’un sommet à Washington. Cependant, il n’y a pas eu de poignée de main publique entre le président de la RDC, Félix Tshisekedi, et le président rwandais Paul Kagame, et les violences continuent depuis que Trump a commencé à médiatiser le conflit en avril, rapporte TopTribune.
Les tensions entre les deux pays, qui perdurent depuis plus de 30 ans, se sont intensifiées en janvier lorsque des rebelles du M23, soutenus par le Rwanda, ont pris le contrôle de larges régions orientales de la RDC, tuant des milliers de personnes et en déplaçant des centaines de milliers d’autres.
Dans ce contexte de conflit de plus en plus préoccupant, les efforts de médiation de Donald Trump devraient être soutenus. Toutefois, pour que le président américain réalise réellement sa vision d’une paix et d’une prospérité régionales, il doit renforcer son engagement à haut niveau et faire pression sur les deux pays pour qu’ils respectent leurs engagements.
La situation est urgente. Le M23 a lancé plusieurs nouvelles offensives au cours des deux dernières semaines, marquant des avancées significatives pour la première fois depuis mars. Cette intensification des combats n’est pas surprenante, étant donné que les mois précédents, le M23 menait de petites offensives pour établir des positions clés dans l’est de la RDC, tandis que l’armée congolaise effectuait une campagne de frappes aériennes contre les zones contrôlées par le M23. Les deux parties ont renforcé les lignes de front avec des milliers de nouvelles forces et du matériel de plus en plus avancé.
Les Accords de Washington — l’accord de paix RDC-Rwanda — à eux seuls ne changeront pas cette dynamique. Ils ne traitent que de manière marginale le rôle des milices, en particulier du M23, qui est impliqué dans la grande majorité des combats. Cette question est discutée dans le cadre d’un processus de paix parallèle dirigé par le Qatar. Bien que la RDC et le M23 aient signé un accord-cadre le 15 novembre comme condition préalable aux Accords de Washington, celui-ci n’est pas contraignant et les deux parties ont déjà violé le cessez-le-feu.
Le Rwanda continue de soutenir le M23 en cachette tout en niant publiquement son appui. Le M23 lui-même n’a probablement aucune raison d’accepter un règlement politique ou un désarmement, surtout tant qu’il ne fait face à aucune menace militaire externe menant à la remise en cause de son contrôle et qu’il s’emploie à établir un État parallèle.
Le gouvernement congolais ne fait pas face à une menace militaire directe du M23, ce qui lui permet de faire des exigences fermes lors des négociations auxquelles il n’a pas les moyens militaires de faire face, tout en menant des frappes aériennes et en équipant des milices rivales.
Toutes ces actions minent l’ensemble du cadre de paix soutenu par les États-Unis. C’est la raison pour laquelle Donald Trump devrait intensifier ses efforts pour rendre le Rwanda et la RDC responsables et briser ce schéma familier.
Les États-Unis pourraient commencer par menacer de retenir des investissements et envisager de sanctionner des responsables rwandais, à moins que Kigali ne mette fin à son soutien au M23 et ne le pousse à négocier de bonne foi. Le Rwanda devrait immédiatement faire pression sur le M23 pour qu’il halete ses offensives en cours dans le Sud-Kivu, qui violent le cessez-le-feu négocié au Qatar.
Trump doit également exiger que le Rwanda cesse de soutenir les efforts du M23 pour établir un État parallèle et poursuivre de véritables négociations visant une forme de réintégration dans la RDC.
Le président Trump doit appliquer une pression égale sur la RDC et les responsables congolais qui alimentent les groupes de miliciens rivaux. La RDC doit être plus disposée à réaliser des compromis réalistes, notamment concernant une forme d’intégration du M23 dans l’État, arrêter son soutien aux groupes armés dans l’est de la RDC qui attaquent régulièrement le M23, et cesser de violer le cessez-le-feu avec des frappes aériennes sur des zones peuplées.
Pour que ces efforts soient fructueux, Donald Trump devrait veiller à ce qu’il y ait un engagement plus fréquent et de niveau supérieur dans le processus de paix. L’adjoint au président pour l’Afrique, Massad Boulos, a fait un effort louable pour guider le processus de paix jusqu’à présent. Cependant, Boulos est surmené, avec un mandat couvrant tout le continent et une clout institutionnelle limitée. Une plus grande implication du secrétaire d’État Marco Rubio et du président Trump lui-même revitaliserait le processus de paix.
Le risque est que ces efforts stagnent. Une nouvelle flambée de violence seulement un jour après la signature de l’accord de paix à Washington n’était guère rassurante. C’est seulement par un cadre plus complet et rigoureux que la vision de paix et de prospérité de Trump pour la région pourra se concrétiser.