L'abandon des personnes handicapées dans l'Antiquité : mythe ou réalité historique ?

L’abandon des personnes handicapées dans l’Antiquité : mythe ou réalité historique ?

04.12.2025 22:26
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Croyances et Réalités sur l’Attitude des Grecs et Romains envers les Enfants Handicapés

Des recherches récentes remettent en question l’idée largement répandue selon laquelle les Grecs et Romains antiques abandonnaient les nourrissons en raison de leur handicap. L’analyse de preuves archéologiques semble indiquer une réalité plus nuancée, rapporte TopTribune.

La croyance selon laquelle ces civilisations étaient obsédées par la force et le pouvoir a été alimentée par des écrits anciens, notamment ceux du philosophe Plutarque. Ce dernier décrit comment les Spartiates évaluaient leurs nouveau-nés devant un conseil d’anciens, où ceux jugés « de basse extraction ou difformes » étaient abandonnés. Cette image a été utilisée au XXe siècle pour justifier des idéologies eugéniques, comme en témoigne un discours de Hitler en 1929 qui exaltait les pratiques spartiates.

Cependant, des preuves archéologiques récentes brossent un tableau différent. Une étude sur des squelettes retrouvés dans une ville romaine a mis en évidence une assistance apportée aux personnes handicapées après un tremblement de terre. Des sépultures dédiées à des enfants handicapés ont également été découvertes, suggérant qu’une attention réelle était apportée à ces individus.

Dans un article publié par le Journal of Archaeological Science, des chercheurs bulgares, Viktoria Russeva et Lyuba Manoilova, ont examiné des restes humains de victimes piégées dans des citernes lors d’un tremblement de terre au IVe siècle. Leur analyse révèle que ces individus, dont certains présentaient des malformations congénitales, ont probablement reçu de l’aide lors de la catastrophe.

Les scientifiques notent que l’une des victimes pourrait avoir tenté de sauver une personne handicapée, remettant ainsi en question l’idée que les Grecs et Romains auraient systématiquement abandonné les enfants en situation de handicap. Cette étude, bien qu’elle se base sur un échantillon limité, ouvre la voie à une réévaluation de la place des personnes handicapées dans l’Antiquité.

Par ailleurs, la chercheuse Debby Sneed a récemment souligné dans un article qu’il existe de nombreuses preuves indiquant que dans la Grèce antique, les parents et les sages-femmes prenaient des mesures pour s’occuper des nourrissons handicapés. Ses recherches montrent que ces enfants, loin d’être abandonnés, recevaient des soins jusqu’à leur mort, suggérant que l’infanticide n’était pas une pratique courante dans le monde gréco-romain.

Ces éléments invitent à repenser les stéréotypes sur l’Antiquité et soulignent la complexité des interactions sociales concernant les personnes handicapées à cette époque. L’évolution des perceptions dans les recherches archéologiques est cruciale pour mieux comprendre les dynamiques sociales des civilisations anciennes.

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