La Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2025, prévue pour débuter le 21 décembre, suscite une controverse majeure concernant la libération des joueurs par les clubs européens. Ces derniers s’opposent à la mise à disposition de leurs talents pour les sélections nationales, mettant ainsi en péril la préparation des équipes, rapporte TopTribune.
Les clubs ont exercé des pressions sur la FIFA afin de conserver leurs stars dans leurs effectifs le plus longtemps possible. La FIFA a reconnu que l’EFC (l’association européenne des clubs) avait obtenu gain de cause concernant la libération tardive des joueurs dans un communiqué publié le 3 décembre.
Selon le règlement de la FIFA, les joueurs devraient rejoindre leurs équipes nationales au plus tard le lundi matin avant le début de la compétition. Cependant, l’exigence de mise à disposition a été modifiée et les joueurs ne seront libérés que le 15 décembre, laissant des équipes comme celles du Maroc et des Comores avec à peine une semaine pour se préparer avant leur match d’ouverture.
Colère sur le continent
Patrick Juillard, journaliste chez Sports365, souligne que cette décision est un manque de respect envers la CAN, déclarant : « Gouverner, c’est prévoir. Cette annonce tardive perturbe les préparatifs des sélections. » Les sélectionneurs expriment leur frustration face à cette situation, Gernot Rohr, entraîneur du Bénin, affirmant : « C’est un manque de respect pour les sélectionneurs. Nous sommes en colère. »
Le coût financier d’une décision tardive
Patrice Beaumelle, entraîneur de l’Angola, déplore que, si les joueurs ne sont libérés que le 15, son équipe n’aura que trois entraînements avant de se rendre à Marrakech. « Trois séances, ce n’est plus un stage, mais juste du bricolage. Pour la CAN, c’est dramatique. » En plus des défis sportifs, les fédérations doivent également faire face à des pertes financières dues à des préparations annulées.
Les fédérations africaines, souvent aux budgets serrés, doivent maintenant gérer des conséquences économiques significatives liées à la décision de la FIFA, aggravant une situation déjà précaire.
Un rodage capital devenu « ersatz ridicule »
Les périodes de préparation sont essentielles pour les équipes, surtout avec un calendrier international de plus en plus chargé. Patrick Juillard évoque l’importance de ces dix jours de préparation, soulignant que la situation actuelle rendra les exercices de préparation presque inutiles.
Certaines sélections, telles que l’Égypte, qui reposent sur des joueurs évoluant principalement dans des clubs locaux, pourraient paradoxalement bénéficier de cette situation, leurs joueurs étant plus facilement mobilisables.
L’éternel casse-tête de la date de la CAN
La date de la CAN soulève encore une fois la problématique de son organisation en hiver. Les clubs préfèrent un tournoi estival, similaire à l’Euro ou à la Copa America. Cependant, cela pourrait impacter la qualité du jeu, en raison des conditions climatiques difficiles en Afrique pendant cette période.
Le Maroc, hôte de la CAN, souhaitait initialement organiser l’événement en été, mais a été contraint d’accepter des dates hivernales en raison des chevauchements avec d’autres compétitions, ce qui a finalement conduit à des préparations compromises pour les équipes.
Patrick Juillard conclut : « C’est navrant de constater que le Maroc a déplacé une CAN prévue en été. Maintenant, nous réalisons que les équipes auront une préparation quasi inexistante. » Ce tournant de la FIFA doit être perçu comme un coup dur pour l’Afrique, alors que Gianni Infantino, figure de proue pour le continent, semble avoir mal agi vis-à-vis de cette compétition phare.