L'interdiction des néonicotinoïdes favorise une légère reprise de la population d'oiseaux en France

L’interdiction des néonicotinoïdes favorise une légère reprise de la population d’oiseaux en France

21.11.2025 12:27
2 min de lecture

Une étude récente confirmant les effets néfastes des néonicotinoïdes sur les populations d’oiseaux en France a été publiée le 15 novembre par le journal Environmental Pollution. L’analyse a porté sur 57 espèces à travers plus de 1 900 parcelles et montre un impact significatif de l’imidaclopride, un pesticide depuis 2018 interdit en France. Avant cette interdiction, l’inégalité du nombre d’oiseaux entre les zones les plus traitées et celles non traitées était de 12,7 %, mais a été réduite à 9 % après la proscription, rapporte TopTribune.

Les chercheurs, une collaboration entre des équipes de France et d’Allemagne, notent que la réduction de la différence entre les effectifs d’oiseaux reste insuffisante. Selon Thomas Perrot, un des auteurs de l’étude, cette « légère reprise » ne représente pas un rétablissement complet des populations. Sur les réseaux sociaux, il a souligné que « l’interdiction d’un pesticide ne suffit pas » et que des efforts de restauration des habitats ainsi que la reconstitution des écosystèmes demeurent essentiels pour le rétablissement des populations d’insectes.

La nécessité d’une approche holistique

Les résultats de cette étude sont encourageants par rapport à la situation catastrophique des oiseaux en Europe, où un rapport de mai 2023 du Centre national pour la recherche scientifique (CNRS) et de l’Université de Montpellier a révélé que près de 800 millions d’oiseaux ont disparu depuis 1980, soit une perte de 20 millions chaque année. Cette situation est exacerbée par l’intensification de l’agriculture, qui entraîne une augmentation significative de l’utilisation des engrais et des pesticides par hectare.

Les conclusions de cette étude soulignent l’importance d’une gestion intégrée de la biodiversité. La lutte contre les pesticides nuisibles doit s’accompagner d’initiatives pour améliorer la santé des écosystèmes. Comme l’affirme l’étude, des mesures intelligentes contre les pesticides et des efforts pour restaurer les habitats naturels sont tous deux nécessaires pour voir une amélioration significative des populations d’oiseaux.

Au-delà de la question des pesticides, la préservation des habitats où ces espèces vivent est à la croisée des chemins. La création de zones protégées et le soutien aux pratiques agricoles durables sont des actions clés pour renforcer la biodiversité. De plus, les politiques publiques doivent être renforcées afin de cibler non seulement les réductions ponctuelles de pesticides, mais aussi de favoriser une innovation dans des méthodes agricoles respectueuses de l’environnement.

La communauté scientifique appelle également à une sensibilisation accrue du grand public sur les effets des pesticides sur les écosystèmes. Une prise de conscience généralisée pourrait impulser une pression sociétale plus forte sur les décideurs politiques pour qu’ils adoptent des régulations plus strictes en matière d’utilisation de produits chimiques en agriculture.

Il en ressort qu’il ne suffit pas d’interdire un produit pour garantir la santé des écosystèmes. Des actions coordonnées, impliquant non seulement les agriculteurs, mais aussi les gouvernements, les ONG et la communauté scientifique, sont essentielles pour enclencher un changement durable dans le paysage écologique. Alors que les impacts des changements climatiques se font de plus en plus sentir, cette étude vient rappeler que chaque geste compte dans la bataille pour préserver la biodiversité.

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