Le Sénat examine le projet de budget de la Sécurité sociale pour 2026
Le Sénat a débuté ce samedi 15 novembre 2025 l’examen en commission du projet de budget de la Sécurité sociale pour 2026, avec la majorité droite-centristes qui prévoit de revenir sur plusieurs mesures votées à l’Assemblée nationale, rapporte TopTribune.
Parmi les questions soulevées pour contenir le déficit, figure la très polémique « suspension » de la réforme des retraites. La commission des Affaires sociales se réunit à huis clos à 9h au Palais du Luxembourg, où elle évaluera rapidement le projet de financement de la Sécurité sociale avant son passage dans l’hémicycle mercredi.
Bien que ces débats préliminaires ne soient pas décisifs – seuls les rapporteurs présentent des amendements à ce stade – ils offrent un aperçu clair des intentions du Sénat, qui bénéficie d’une large majorité composite de droite et du centre. Les sénateurs examineront le texte transmis, lequel a été modifié récemment par les députés avant l’interruption des discussions.
Des désaccords sur la réforme des retraites anticipés
Des divergences importantes entre députés et sénateurs semblent inévitables, notamment concernant l’une des mesures centrales du texte : la « suspension » de la réforme des retraites jusqu’en janvier 2028. La majorité sénatoriale a d’ores et déjà prévu de demander son rétablissement, selon des sources rapportées par l’AFP. « Le Sénat ne peut pas se renier sur une réforme qu’il a soutenue depuis des années », a affirmé la rapporteure générale centriste Élisabeth Doineau.
« Je ne voterai pas un texte qui comprend cette suspension », a pour sa part déclaré la sénatrice (Les Républicains) Corinne Imbert.
Retour sur le gel des prestations sociales
Autre mesure controversée proposée : le gel des prestations sociales en 2026. Habituellement, ces dernières sont indexées sur l’inflation, mais l’Assemblée a largement abrogé cette disposition. Le gel des pensions de retraite, quant à lui, bien qu’éliminé par les députés, devrait également être réintroduit par le Sénat, bien que des arbitrages finaux soient attendus pour préserver les petites retraites.
Ces mesures, considérées comme impopulaires, sont soutenues par le Sénat au nom du redressement des comptes de la Sécurité sociale. « Notre ambition est de nettoyer tout ce qui nous paraît aberrant en termes de prélèvements nouveaux et de déficit accru », a déclaré le sénateur centriste Olivier Henno.
Objectif : maintenir le déficit à 17,5 milliards d’euros
Le défi est de « tenir le cap des 17,5 milliards d’euros de déficit » de la Sécurité sociale, comme l’indique le sénateur du Nord. Cet objectif initialement fixé par le gouvernement a été largement dépassé après le passage du texte à l’Assemblée, atteignant actuellement plus de 24 milliards d’euros, selon le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou. Élisabeth Doineau a exprimé son mécontentement en qualifiant cette situation de « irresponsable ».
La sénatrice de la Mayenne insiste sur l’importance de ramener le déficit à 17,5 milliards d’euros, « la seule manière de rassurer les marchés financiers ».
Source : AFP.