Réforme des retraites : La France, un pays où le travail est perçu comme un fardeau.

Réforme des retraites : La France, un pays où le travail est perçu comme un fardeau.

13.11.2025 10:43
2 min de lecture

Retraite 2024 : Réflexions sur le report de la réforme

Le report de la réforme des retraites est perçu comme une victoire significative. Victoire de quoi, au juste ? De l’inaction généralisée ? D’une vision budgétaire fantasmée ? Ou peut-être de cette tradition bien ancrée en France, qui consiste à repousser les problèmes dans l’espoir qu’ils disparaissent d’eux-mêmes ? Tandis que d’autres nations avancent, nous perfectionnons notre propre spécialité : faire du travail l’ennemi public numéro un, rapporte TopTribune.

Le travail, perçu comme une malédiction

La France possède un talent particulier : celui de considérer le travail comme une sorte de châtiment divin. L’activité professionnelle, loin d’être perçue comme un moyen de financer un modèle social solidaire, est vue comme un véritable fléau. Le pays n’a cessé d’abaisser le temps de travail, comme si chaque heure réduite était une victoire. 40 heures ? Trop ! 39 ? Toujours trop. 35 heures ? Nous devrions viser les 32 heures. Bien que certains y voient des avancées, l’impact sur l’économie est catégoriquement ignoré. Et que dire de la retraite ? Elle est devenue un sujet tabou, un sanctuaire qui ne doit pas être touché. Alors que d’autres pays passent à 66 ans et plus, nous, en fidèle représentant de notre génie collectif, avons choisi 60 ans comme âge de départ, malgré une espérance de vie qui atteint les 90 ans. On pourrait dire que cela relève d’un “courage inversé”.

Un report de la réforme : quand l’irresponsabilité prend des airs de vertu

Le gouvernement a une nouvelle fois décidé de retarder la réforme. Peut-on vraiment lui en vouloir ? Ce pays semble en proie à une confusion entre responsabilité et suicide politique. Expliquer que l’espérance de vie augmente, que la démographie est en déclin et que les caisses sont vides semble être un crime de lèse-majesté. Par conséquent, le report s’impose. En repoussant, nous aggravons les dettes, exacerbant ainsi une situation déjà critique et nous nous dirigeons vers une explosion budgétaire dont les signes annonciateurs sont déjà présents. Ce choix s’inscrit dans notre philosophie du déni. Devenus maîtres dans l’art de jongler avec les finances, nous croyons qu’avec un peu de dette et quelques belles paroles sur la “justice sociale”, tout ira pour le mieux. Magique, jusqu’à ce que la magie s’épuise. Ce jour-là, nous réaliserons que les retraites “préservées” aujourd’hui seront synonymes de misère demain.

Les jeunes soutiennent… ceux qui les mènent à la ruine

Ce qui est étonnant, c’est que de nombreux jeunes soutiennent l’idée de partir en retraite le plus tôt possible. C’est touchant, en effet. Ce sont pourtant eux qui devront en subir les conséquences. Ils hériteront d’un système dégradé que leurs parents et grands-parents auront choisi de ne pas réformer. Ils seront contraints à cotiser davantage pour obtenir moins. Dans la plupart des pays, cela serait qualifié de “voter contre ses propres intérêts”. En France, c’est plutôt une manière de “défendre un modèle”. Leur détermination mérite d’être saluée. Par ailleurs, il est intéressant de constater que de nombreux retraités, ceux qui ont franchi le cap du travail, admettent parfois s’ennuyer, tourner en rond, et éprouver une forme de “rétrécissement” comme une chemise mal traitée. Étrangement, le travail, ce monstre tant décrié, leur manque. Cela serait à taire, car cela risquerait de ruiner la fable nationale selon laquelle le bonheur débute lorsque l’on cesse toute forme de production. Mais finalement, n’est-il pas essentiel d’accorder une place au travail dans nos vies ?

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