Suspension de la réforme des retraites : enjeux et conséquences pour les générations concernées

Suspension de la réforme des retraites : enjeux et conséquences pour les générations concernées

12.11.2025 06:23
2 min de lecture

Le gouvernement français fait face à une situation délicate avec la suspension de la réforme des retraites, prévue pour être débattue ce mercredi 12 novembre 2025 à l’Assemblée nationale. Cette pause dans la réforme controversée pourrait signifier la perte de la principale réalisation de la deuxième mandature d’Emmanuel Macron, rapporte TopTribune.

La suspension, résultat d’une demande du Parti socialiste visant à éviter une censure du gouvernement de Sébastien Lecornu durant son discours de politique générale le 14 octobre dernier, soulève des interrogations parmi les Français, notamment ceux concernés par l’âge de départ à la retraite.

Quel âge de départ à la retraite ?

Selon les précisions fournies par la lettre rectificative du gouvernement, il s’agit principalement d’un report temporel plutôt que d’une suspension complète. Si elle est adoptée, cette mesure arrêterait la progression vers l’âge de 64 ans pour la génération née en 1964, leur permettant ainsi de partir à la retraite à 62 ans et 9 mois, comme la génération de 1963, au lieu des 63 ans initialement prévus. Cela signifie un départ en octobre 2026 au lieu de début 2027, offrant ainsi un gain d’un trimestre.

La réforme serait ensuite appliquée, avec un décalage d’un trimestre par rapport au plan initial, impactant les générations suivantes :

  • 63 ans pour ceux nés en 1965 (au lieu de 63 ans et 3 mois)
  • 63 ans et 3 mois pour la génération 1966 (au lieu de 63 ans et 6 mois)
  • 63 ans et 6 mois pour la génération 1967 (au lieu de 63 ans et 9 mois)
  • 63 ans et 9 mois pour la génération 1968 (au lieu de 64 ans)

En conséquence, la génération 1969 serait la première à subir la réforme définitive Borne, prenant sa retraite en 2033. En tout, cinq générations de retraités, soit 3,5 millions de personnes, bénéficieraient ainsi de cette suspension, acquérant un trimestre supplémentaire par rapport aux dispositions de 2023.

Quelle durée de cotisation ?

La durée de cotisation requise pour obtenir un taux plein serait réduite d’un trimestre uniquement pour les générations 1964 (170 trimestre au lieu de 171) et 1965 (171 au lieu de 172). Les générations suivantes conserveraient le besoin de cotiser 172 trimestres.

Cette suspension engendrerait un coût de 100 millions d’euros en 2026 et 1,4 milliard d’euros en 2027, suscitant la colère des oppositions de droite, notamment Horizons et les Républicains, qui ont tenté de rejeter cette suspension lors de la commission, sans succès.

La gauche fracturée sur cette suspension

Bien que les socialistes applaudissent ce débat et souhaitent aller plus loin dans la suspension, la gauche apparaît divisée. Les Insoumis ont déjà annoncé qu’ils voteraient contre cette mesure, comme en commission. « Valider le décalage de la réforme reviendrait à valider le report à 64 ans de l’âge légal de la retraite », a déclaré la députée Ségolène Amiot.

Les communistes devraient majoritairement s’abstenir, tout comme les écologistes l’avaient fait en commission. Si la suspension de la réforme par l’Assemblée nationale est adoptée, il reste à faire passer le projet de loi de financement de la Sécurité sociale, dont le contenu a été largement modifié, compliquant le consensus tant à droite qu’à gauche, où l’accord sur le texte final reste incertain.

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