Tensions croissantes entre le PS et LFI lors du débat sur le budget à l'Assemblée nationale

Tensions croissantes entre le PS et LFI lors du débat sur le budget à l’Assemblée nationale

07.11.2025 09:54
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Tensions entre socialistes et insoumis lors du vote sur l’augmentation de la CSG

Le vote sur un amendement visant à augmenter la contribution sociale généralisée (CSG) sur les revenus du capital, qui a eu lieu mercredi soir, a mis en lumière les tensions croissantes à gauche, notamment entre les socialistes et La France Insoumise (LFI), rapporte TopTribune.

Les députés socialistes, en émoi, se sont précipités sur leurs téléphones portables pour commenter l’événement sur les réseaux sociaux. Mercredi 5 novembre, alors que l’Assemblée nationale examinait le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, un amendement proposé par le PS pour accroître la CSG sur les revenus du capital, destiné à financer la suspension de la réforme des retraites, a été rejeté. Les députés de LFI ont voté contre, tandis qu’une partie des écologistes s’est abstenue. Jérome Guedj, député PS de l’Essonne, a accusé sur le réseau social X ce vote d’être un « bras d’honneur gigantesque », qualifiant la situation d’illustration de ceux qui préfèrent tout immédiatement et qui, finalement, n’ont rien.

En contrepoint, les insoumis ont revendiqué une « victoire », selon Paul Vannier, qui a dénoncé ce qu’il appelle une « magouille » entre le PS et le gouvernement. Il a précisé que les élus LFI ont voté contre l’amendement socialiste pour soutenir un autre amendement présenté par leur groupe, qu’il considère « mieux disant », car « augmentant la CSG sur le capital de façon pérenne ».

Ce chiffrage avancé par LFI est contesté par le PS. « Il faut arrêter de mentir », a admonesté Olivier Faure sur X, tandis que Mathilde Panot, leader des députés LFI, a soutenu que « une injustice fiscale ne se décale pas, elle s’abroge ». Les socialistes affirment également qu’il est essentiel de ne pas « laisser passer » cette occasion, jugeant politique la nécessité de revenir sur la ‘flat tax’ d’Emmanuel Macron. Selon un collaborateur du groupe socialiste, cela représentait une recette potentielle de 2,7 milliards d’euros pour financer la suspension de la réforme des retraites.

L’amendement de repli du PS a finalement été voté par les insoumis, suscitant la jubilation du groupe socialiste. Cependant, Aurélien Lecoq, député LFI, a insisté sur le fait que cet amendement était identique à celui qu’ils venaient de voter. Notons que des voix macronistes se sont également jointes à celles de la gauche, tandis que le Rassemblement national et la droite ont voté contre. Amélie de Montchalin, ministre des Comptes publics, a incité à voter pour afin de permettre une rediscussion de l’amendement sans approuver ses modalités.

Ce dernier épisode révèle les tensions parasites au sein de la gauche durant ce débat budgétaire, au grand dam de leurs adversaires politiques. « Il faut regarder le vote de mercredi sur l’amendement Guedj. C’était physique », note un député de l’EPR. Ces tensions se poursuivent en dehors de l’hémicycle, avec des échanges de plus en plus froids entre les groupes. « On n’a plus d’échanges politiques avec eux depuis 2024 », a commenté un député LFI.

Ces altercations parlementaires témoignent de stratégies politiques divergentes : la LFI souhaite censurer le gouvernement, tandis que les socialistes espèrent obtenir des concessions en exerçant une pression, mais sans renverser le gouvernement au préalable. « Depuis quatre semaines, on constate que les insoumis cherchent à empêcher toute victoire politique du PS », estime un député socialiste, tout en condamnant le vote contre la suspension de la réforme des retraites par LFI en commission.

Malgré ces tensions, certains continuent de croire à un accord possible lors des prochaines élections, bien que certains députés prédisent un isolement accru des socialistes sur des votes cruciaux. « Les uns et les autres jouent leurs cartes pour la présidentielle de 2027 », déclare un membre du gouvernement. L’épisode de mercredi soir s’inscrit dans un cadre de divisions potentielles, alors que l’examen de l’article 45 bis sur la suspension de la réforme des retraites arrive le 12 novembre.

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