L'engouement pour les films d'horreur en France : comprendre notre fascination pour la peur

L’engouement pour les films d’horreur en France : comprendre notre fascination pour la peur

06.11.2025 17:23
2 min de lecture

28 ans plus tard, The black phone 2, Conjuring 4… Les films d’épouvante connaissent une popularité sans précédent, avec des succès records, comme Conjuring, l’heure du jugement de Michael Chaves, qui a affiché un démarrage exceptionnel au box-office français en septembre. L’attrait pour l’horreur s’étend également à la littérature, notamment grâce à Plus noir que noir, le dernier roman de Stephen King, devenu un bestseller. Cela soulève une question captivante : pourquoi cette fascination pour la peur ? Comme le définit le dictionnaire Le Robert, la peur est une émotion liée à la perception d’un danger, avec des synonymes comme crainte et terreur. Pourtant, à travers le cinéma et les attractions telles que la Tour de la terreur à Disneyland Paris, beaucoup d’entre nous recherchent cette expérience singulière, à la fois troublante et réjouissante, permettant de ressentir du plaisir malgré la peur, rapporte TopTribune.

Les films d’horreur et les livres associés deviennent des vecteurs d’émotions intenses, cherchant à comprendre ce qui nous pousse vers cette tension excitante. Selon Marc Malmdorf Andersen, neuroscientifique au Recreational Fear Lab au Danemark, ces activités nous permettent de « tirer du plaisir de nos émotions de peur ».

L’adrénaline, mais sans le stress

Rajita Sinha, psychologue et fondatrice du Centre du stress de l’Université de Yale, explique que l’excitation est intimement liée à la peur. Lorsqu’un danger est identifié, notre cerveau libère de l’adrénaline et du cortisol, engendrant des réactions physiologiques telles que des frissons, une augmentation du rythme cardiaque et un affûtement des sens. La conscience de notre sécurité dans ces situations permet de maximiser cette montée d’adrénaline sans les effets déstabilisants du stress.

Les manèges d’horreur et les récits effrayants exploitent cette dynamique. Comme le souligne la psychologue Chivonna Childs, ces expériences sont conçues pour être temporaires et divertissantes, engendrant la production d’adrénaline et d’endorphines sans danger réel. Cela promeut un état d’euphorie, car les participants se sentent en sécurité.

Des bienfaits à court et moyen terme

Selon les experts, l’expérience d’une peur maîtrisée contribue à améliorer l’humeur. Regarder un film d’horreur ou visiter une maison hantée peut générer des sensations positives. De plus, l’aspect collectif de ces expériences, qu’il s’agisse de séances de films ou d’attractions, renforce les liens entre individus.

Des recherches menées au Recreational Fear Lab suggèrent que la peur récréative ne se limite pas au divertissement. Elle pourrait également jouer un rôle dans la gestion du stress et de l’anxiété, offrant une manière d’affronter les aspects sombres de la vie. Mathias Clasen, chercheur et directeur de ce laboratoire, indique que la peur récréative fonctionne comme une forme d’inoculation, permettant d’accumuler des compétences d’adaptation et de résilience tout en rendant le processus plaisant.

Clasen ajoute que cette recherche de sensations, que ce soit pour les enfants ou les adultes, peut être bénéfique, permettant de se challenger tout en favorisant la connaissance de soi et le développement personnel.

Cependant, la psychologue Rajita Sinha rappelle que l’expérience de la peur varie d’une personne à l’autre. L’âge et le passé personnel influencent la perception des peurs, certains individus pouvant éprouver des traumatismes face à certaines situations.

Quel amateur de peur êtes-vous ?

Nos préférences en matière de sensations fortes ne sont pas uniformes. Les scientifiques du Recreational Fear Lab identifient trois catégories d’amateurs de peur :

  • Les accros à l’adrénaline : « ils apprécient le frisson et le ‘coup de fouet’ de l’horreur, se sentant revigorés après l’expérience. »
  • Les prudents : « ils aimen…

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