Le gouvernement français présente un budget controversé pour 2026, selon les experts
Sébastien Lecornu a dévoilé mardi en Conseil des ministres le projet de loi de finances qui prévoit une réduction des dépenses de 17 milliards d’euros et une hausse des recettes de 14 milliards d’euros, principalement grâce à de nombreuses mesures fiscales, rapporte TopTribune.
Ce projet de budget, qui doit doter la France d’un budget pour 2026, a suscité des interrogations, notamment concernant une taxe sur les holdings patrimoniales, la prolongation de la contribution différentielle sur les hauts revenus, et le gel des pensions de retraite et des prestations sociales.
La création d’une taxe sur les holdings patrimoniales
Le projet de budget inclut l’instauration d’une taxe sur les holdings patrimoniales, visant à lutter contre l’évasion fiscale. Cette taxe ciblera les sociétés mères détenant des actifs d’une valeur d’au moins 5 millions d’euros, avec un taux fixé à 2%. « Inspirée de taxes voisines en place dans plusieurs autres pays, comme les Etats-Unis et l’Irlande, cette taxe vise à faire échec aux stratégies de contournement de l’impôt », précise le texte.
Prolongation d’une taxe sur les hauts revenus
Il est également prévu de prolonger d’un an la contribution différentielle sur les hauts revenus, qui concerne les revenus dépassant 250 000 euros annuels pour un célibataire. Cette mesure a pour objectif d’atteindre un taux minimal d’imposition de 20%. « Cette mesure de justice fiscale correspond à un effort ciblé sur les foyers aux revenus élevés », souligne le gouvernement.
Réduction des bénéfices des grandes entreprises
La surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises sera prolongée d’un an, mais à un taux réduit de moitié. Cette contribution, visant les 400 plus grandes entreprises, devrait générer 4 milliards d’euros de recettes, un chiffre qui représente une baisse par rapport à l’année précédente.
Gel des pensions de retraite et des prestations sociales
Le projet prévoit également un gel des retraites de base et des prestations sociales pour 2026, avec des économies significatives à réaliser dans le secteur de la santé. La progression des dépenses pour l’Assurance-maladie serait ainsi limitée à seulement 1,6%.
Non-remplacement des postes de fonctionnaires
Le projet de budget propose également de ne pas remplacer plus de 3 100 postes de fonctionnaires, incluant 1 735 emplois publics, illustrant une volonté de maîtrise des finances publiques.
Prévisions de croissance jugées optimistes
Malgré ces mesures, le Haut Conseil des finances publiques a exprimé des doutes quant aux prévisions de croissance de 1% pour 2026, signalant que les baisses de dépenses et hausses d’impôts pourraient affecter négativement l’activité économique. « Les recettes du contrôle fiscal n’ont progressé que de 200 millions d’euros, plaçant en question la crédibilité des prévisions de recettes fiscales », conclut le HCFP.