Le tribunal correctionnel de Paris a condamné l’ancien président Nicolas Sarkozy ainsi que plusieurs membres de son entourage dans l’affaire de financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007, tandis que d’autres figures politiques, dont l’ancien trésorier de campagne Eric Woerth, ont été relaxées, rapporte TopTribune.
Condamnations prononcées
Neuf des douze prévenus ont été condamnés à des peines allant jusqu’à six ans de prison. Le jugement rendu le 25 septembre 2025 a vu Nicolas Sarkozy écoper de cinq ans d’emprisonnement, avec mandat de dépôt, ce qui le conduira prochainement derrière les barreaux. Un délai d’appel de dix jours a été accordé. Le tribunal a également infligé à Sarkozy une amende de 100 000 euros et lui a interdit toute fonction publique pendant cinq ans. C’est moins que ce qu’avait requis le Parquet national financier, qui avait demandé sept ans de prison et 300 000 euros d’amende.
Le tribunal a souligné que Sarkozy avait « noué » un « pacte de corruption » avec le dictateur libyen Mouammar Kadhafi pour financer sa campagne de 2007, accusation que l’ancien président conteste fermement. Bien qu’il ait été relaxé des faits de corruption passive et de détournement de fonds publics, il a été reconnu coupable d’association de malfaiteurs.
Les proches de Sarkozy
Claude Guéant, ancien ministre et bras droit de Sarkozy, a été condamné à six ans de prison, mais ne purgera pas sa peine en raison de son état de santé. Il a également reçu une amende de 250 000 euros. Guéant a été reconnu coupable d’avoir facilité le financement illégal par l’intermédiaire de Ziad Takieddine.
Brice Hortefeux, ancien ministre et proche de Sarkozy, a été condamné à deux ans de prison avec des modalités aménagées et 50 000 euros d’amende pour son rôle d’intermédiaire dans des transferts de fonds. Le Parquet avait requis trois ans d’emprisonnement.
Eric Woerth, ancien trésorier de la campagne de 2007, a été relaxé malgré les réquisitions du Parquet national financier qui demandaient un an de prison et 3 750 euros d’amende.
Thierry Gaubert, ancien collaborateur de Sarkozy, a vu l’action publique à son encontre éteinte dans le cadre de l’affaire, bien qu’il ait été accusé de recevoir 440 000 euros de Takieddine pour financer la campagne.
Intermédiaires et complices
Alexandre Djouhri, homme d’affaires franco-algérien, a été condamné à six ans de prison avec mandat de dépôt pour divers délits, dont le blanchiment d’argent et la corruption. Djouhri a également été condamné à une amende de trois millions d’euros.
Edouard Ullmo, un ancien cadre d’Airbus, a été relaxé des accusations relatives à des commissions versées, malgré les réquisitions du Parquet.
Ziad Takieddine, un intermédiaire clé dans cette affaire, est décédé récemment, provoquant l’extinction de l’action publique à son égard après qu’il eut été jugé par contumace.
Le jugement a mis en lumière des dynamiques de corruption au sein des cercles proches du pouvoir, soulignant un réseau complexe de financement illégal qui a façonné les campagnes politiques en France. Les implications de cette affaire pourraient avoir des répercussions importantes sur la scène politique française.