Dans un développement clé pour la lutte contre le changement climatique, le président chinois, Xi Jinping, a annoncé un nouvel engagement visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre de la Chine de 7 à 10 % d’ici 2035. Cette annonce, qui se démarque de la difficulté rencontrée par les pays occidentaux à atteindre des objectifs climatiques, est perçue par certains analystes comme une occasion pour Pékin d’assumer un rôle de leader dans la lutte contre le dérèglement climatique, rapporte TopTribune.
La Chine, qui représente près de 30 % des émissions mondiales, doit prouver sa capacité à réduire son impact environnemental au moment où le monde cherche à limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C. Historiquement, le pays a fait des promesses moins ambitieuses, par rapport à ses réalisations, laissant la porte ouverte à des efforts plus significatifs à l’avenir.
En 2021, Beijing avait promis d’atteindre son pic d’émissions de dioxyde de carbone avant 2030 et de devenir neutre en carbone d’ici 2060. Toutefois, l’absence d’objectifs à court terme pour réglementer les émissions demeure une préoccupation majeure. Le nouveau plan, qui doit être mis à jour tous les cinq ans conformément à l’accord de Paris, a été conçu en perspective du prochain sommet climatique de la COP, prévu au Brésil en novembre 2025.
Une stratégie ambitieuse mais critiquée
Les analystes estiment que pour correspondre à l’objectif de 1,5 °C, la Chine devra réduire ses émissions de près de 30 % d’ici 2035 par rapport aux niveaux de 2023. Le pays devra donc mettre en œuvre des réformes substantielles dans ses politiques énergétiques. Des objectifs tels que l’augmentation de la part des énergies non fossiles à plus de 30 % de la consommation totale et une multiplication par six de la capacité éolienne et solaire sont au programme. Avec une capacité de 3 600 gigawatts, ces efforts visent à révolutionner le paysage énergétique chinois.
En adéquation avec ces ambitions, le pays doit également accroître sa couverture forestière et promouvoir les véhicules électriques comme standard dans les nouvelles ventes. Un système national d’échange de quotas carbone doit également être étendu pour toucher les secteurs à haute émission. Malgré ces intentions, de nombreux observateurs jugent que ces objectifs restent trop modestes, et que la Chine pourrait les dépasser grâce à l’expansion de son secteur des technologies propres.
Des experts comme Andreas Sieber, directeur adjoint des politiques chez 350.org, affirment que « La Chine a souvent promis moins qu’elle n’a tenu », attisant les interrogations sur la sincérité de ses engagements. D’autres, comme Yao Zhe de Greenpeace, expriment un optimisme prudent, suggérant que la décarbonation de l’économie chinoise pourrait avancer plus rapidement que prévu.
En attendant ainsi que ces objectifs soient convertis en actions concrètes, les craintes persistent quant à la possibilité d’une augmentation à court terme des émissions avant d’atteindre les niveaux désirés. Avec un rythme de croissance des énergies renouvelables qui, selon certains, pourrait rendre l’objectif de 2035 trop facilement atteignable, les dirigeants chinois doivent de toute urgence trouver un équilibre entre croissance économique et responsabilités environnementales.