L'intelligence artificielle dans le secteur public : un levier pour des économies et une transformation significative.

L’intelligence artificielle dans le secteur public : un levier pour des économies et une transformation significative.

19.09.2025 16:04
3 min de lecture

Le 19 septembre 2025, Roland Berger a dévoilé une analyse à l’échelle mondiale concernant l’influence de l’intelligence artificielle sur le secteur public. Ce rapport met en évidence que l’IA ne représente pas seulement une menace pour certains postes, mais constitue également un levier pour une transformation organisationnelle significative. Elle pourrait engendrer des gains de productivité, rationaliser les dépenses publiques et améliorer l’efficacité des administrations, rapporte TopTribune.

Des emplois menacés mais réinventés

Sur les 351 millions d’emplois publics analysés, environ 36 % sont touchés par l’IA, ce qui correspond à près de 125 millions d’équivalents temps plein. Parmi ces postes, 7,5 % pourraient être entièrement automatisés, incluant principalement des tâches administratives basiques, comme la saisie de données ou l’accueil téléphonique.

Néanmoins, l’étude souligne que l’automatisation totale reste minoritaire. En fait, la majorité des emplois exposés verront leurs missions évoluer. Par exemple, dans les services fiscaux, l’IA pourrait automatiser la saisie ou le traitement des formulaires, tout en améliorant simultanément les capacités de contrôle et d’analyse des agents.

Une productivité augmentée et des économies à réaliser

Les bénéfices financiers de l’IA reposent sur sa capacité à minimiser le temps accordé aux tâches répétitives. Les économies potentielles incluent la réduction des coûts salariaux indirects, une diminution des erreurs de traitement, ainsi qu’une optimisation des effectifs. Dans les départements des impôts et des douanes, la détection automatique des anomalies fiscales pourrait augmenter les recettes en ciblant la fraude de manière plus efficace.

Cependant, ces gains ne seront pas immédiats : le déploiement, la formation et les infrastructures nécessiteront des investissements considérables. Le rapport indique que le retour sur investissement pourrait être réalisable à moyen terme, sous réserve d’une gestion efficace et d’une gouvernance claire de ces projets.

Un service public optimisé pour les usagers

Au-delà des enjeux budgétaires, l’intelligence artificielle ouvrirait la voie à une modernisation des services offerts. Dans le domaine de la santé, elle pourrait alléger la charge administrative des hôpitaux tout en facilitant un suivi sur mesure des patients. Dans l’éducation, l’IA aiderait les enseignants à ajuster leurs cours sans remplacer leur rôle. En administration, elle améliorerait la rapidité de traitement des dossiers, augmentant ainsi la réactivité vis-à-vis des usagers.

Ces avantages pourraient rehausser l’image d’un service public souvent critiqué pour sa lenteur. Cependant, il est crucial de maintenir une dimension humaine afin d’éviter toute rupture d’accessibilité, notamment pour les populations vulnérables.

Une dimension macroéconomique essentielle

L’intégration de l’IA dans le secteur public va au-delà d’une simple logique de productivité. Elle peut contribuer à réduire de manière significative le déficit public si les économies réalisées compensent les coûts d’investissements initiaux. Une gestion plus efficace des effectifs et une meilleure détection des fraudes fiscales peuvent offrir des leviers directs pour les finances publiques.

À un niveau plus global, cette évolution pourrait également influencer la compétitivité du pays. Un service public plus performant pourrait attirer davantage d’investissements, renforcer la confiance des investisseurs et soutenir la croissance en limitant certaines frictions administratives. L’intelligence artificielle se positionne ainsi comme un instrument de gestion interne, mais également comme un facteur stratégique de politique économique.

Parallèlement, l’implémentation massive de solutions d’intelligence artificielle dans le secteur public pourrait également catalyser un écosystème industriel et technologique national. Les exigences en matière de logiciels spécialisés, d’infrastructures cloud sécurisées et de services de formation ouvriront de nouveaux marchés. Pour les entreprises innovantes, cette dynamique représente une occasion stratégique de devenir des partenaires des administrations, ce qui renforcerait la souveraineté numérique et stimulerait le secteur technologique local.

Les défis de la transition numérique

L’intégration de l’intelligence artificielle implique une gestion sociale complexe. Les agents dont les tâches seront automatisées devront recevoir une requalification. La formation devient alors une question centrale pour accompagner cette transition. La mobilité interne et l’appui institutionnel seront des éléments déterminants pour réussir cette transformation.

Enfin, la question de la confiance des usagers est primordiale. L’intelligence artificielle doit apparaître comme un outil facilitant l’accès, et non comme un obstacle ou un dispositif impersonal. L’acceptation et la performance technique joueront un rôle crucial dans le succès économique et social de cette transition.

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