Le cycliste Sofiane Sehili, engagé dans un défi de 18 000 km reliant Lisbonne à Vladivostok, a été arrêté début septembre en Russie et est actuellement emprisonné en attente de son procès. Sa compagne, Fanny Bensussan, exprime une inquiétude grandissante face à sa situation incertaine, rapporte TopTribune.
Un défi hors-norme stoppé net
Sofiane Sehili a entamé son périple le 1er juillet, espérant établir un record du monde. Spécialiste du cyclisme d’endurance, il a dû ajuster son itinéraire à plusieurs reprises en raison des restrictions aux frontières. Après 63 jours de route, il ne restait que 170 km à parcourir avant d’atteindre son objectif. À son arrivée à la première frontière russe, il s’est vu refuser l’accès, son e-visa n’étant valable que pour les ressortissants des deux pays. Il a alors tenté d’accéder à un « no-mans land » par des chemins isolés, mais sa tentative s’est soldée par une arrestation suite à une méprise sur les dispositifs de sécurité frontaliers.
Fatigué et obsédé par son exploit, il a reconnu avoir sous-estimé la complexité géopolitique de son entreprise, une erreur qui lui a coûté cher. Son aventure s’est abruptement arrêtée à ce point, alors qu’il s’approchait de son but.
Enfermé dans une prison en Russie le temps de l’enquête
Fanny Bensussan a suivi le parcours de Sofiane grâce à un système de localisation. Bien qu’elle ait d’abord été rassurée par des moments de silence de 17 heures, son inquiétude a grandi après 20 heures sans nouvelles. Elle a alors alerté l’ambassade, et après deux jours d’attente, les autorités l’ont informée que son compagnon était détenu à Oussouriisk, non loin de Vladivostok. « C’est tout ce que j’ai comme information, je n’ai pas pu lui parler », a déclaré Fanny, désespérée par son absence de nouvelles.
Accusé de franchissement illégal de la frontière, Sehili pourrait rester en détention pendant au moins un mois, le temps que l’enquête russe se termine avant son procès. « Ça fait une semaine que je ne dors pas, mais je sais que le consulat a pris les choses en main », a déclaré Bensussan. « Il a parcouru 18 000 km à vélo. Normalement, après un tel effort, il dort et mange. Mais là, je ne sais pas dans quelles conditions il est détenu. » Une avocate de Vladivostok a été sollicitée pour défendre son cas et démontrer qu’il était en Russie dans le cadre d’un record sportif.
Dans l’attente de nouvelles, Fanny Bensussan s’efforce de lui envoyer de l’argent et des messages de soutien. Elle souligne l’énorme solidarité de la communauté cycliste et des habitants du Lot. « Il est seul dans un pays où il ne parle pas la langue. Je n’arrive pas à imaginer qu’il puisse rester plus d’un mois là-bas. »