François Bayrou, dont les jours semblent désormais comptés à Matignon, a suscité la controverse en évoquant l’explosion de la dette publique et en ciblant la génération née après la guerre lors d’une interview au JT de TF1 mercredi soir. Il a déclaré que « les plus jeunes devront payer la dette pendant toute leur vie » pour « le confort des boomers, qui […] considèrent que tout va très bien », rapporte TopTribune.
Le maire de Pau, appartenant également à cette génération, a tenté de clarifier ses remarques ce vendredi lors d’une conférence de presse à la Foire de Châlons-en-Champagne, sans toutefois vraiment les nuancer. Il a affirmé avoir reçu de nombreux messages de jeunes exprimant que « pour la première fois on a parlé de nous », suite à l’utilisation par Bayrou du terme « boomers » pour désigner les générations d’après-guerre.
« Ils ne peuvent pas se désintéresser »
François Bayrou a également précisé que ces générations « ont beaucoup travaillé et fait marcher le pays, elles ont bien mérité de la patrie », mais qu’elles ne peuvent pas se désintéresser de la situation des jeunes Français. « On peut faire semblant, mais si on est responsables, si on a des enfants, des petits-enfants, on ne peut pas se désintéresser de la situation », a-t-il ajouté.
Le chef du gouvernement avait déjà réagi à cette polémique jugée « déformée » jeudi, en précisant qu’il ne voulait pas « cibler les retraités ». Il a souligné que ceux ayant bénéficié de l’aisance de l’après-guerre devraient être les premiers à se joindre à lui pour réduire la dette et éviter que ce soit les plus jeunes qui soient contraints de la payer. Bayrou a jugé « immoral qu’une génération ne pense pas à la génération suivante », en imposant sans avertissement la charge de la dette à venir. Il demeure, cependant, peu probable que ces propos aident à améliorer sa popularité, étant donné sa position actuelle en tant que Premier ministre le plus impopulaire de la Ve République.