Accord entre l’Ouganda et les États-Unis pour accueillir des migrants non admissibles
Le gouvernement ougandais a annoncé jeudi avoir conclu un accord avec Washington pour accueillir des personnes « qui pourraient ne pas obtenir l’asile aux États-Unis », marquant une nouvelle étape dans la vaste campagne américaine visant à transférer des migrants vers des pays tiers, rapporte TopTribune.
Cette initiative fait écho aux promesses de Donald Trump, qui a exprimé son intention de conduire « la plus grande campagne d’expulsion des États-Unis ». Depuis janvier, son administration a établi des accords controversés qui ont déjà permis d’envoyer des migrants vers des pays tels que le Soudan du Sud, l’Eswatini ou le Salvador, souvent en dehors des pays d’origine des migrants.
Vincent Bagiire, secrétaire permanent du ministère ougandais des Affaires étrangères, a déclaré dans un communiqué : « Dans le cadre de la coopération bilatérale entre l’Ouganda et les États-Unis, un accord de coopération pour l’examen des demandes de protection a été conclu ». Les modalités de cet accord restent à préciser.
Selon Bagiire, « cet accord concerne les ressortissants de pays tiers qui pourraient ne pas obtenir l’asile aux États-Unis, mais qui hésitent ou pourraient avoir des inquiétudes quant à un retour dans leur pays d’origine ». Il a précisé que cet « arrangement temporaire » stipule des conditions, y compris l’exclusion des personnes ayant un casier judiciaire et des mineurs non accompagnés.
L’Ouganda, un partenaire stratégique en période de répression
À l’aube des élections présidentielles de janvier 2026, l’Ouganda est dirigé par Yoweri Museveni, qui a imposé une répression croissante. Connu pour sa politique d’accueil des demandeurs d’asile, le pays abrite environ 1,7 million de réfugiés, ce qui en fait « la plus grande population de réfugiés en Afrique », selon l’ONU. L’organisation a également noté une augmentation significative des arrivées en 2024, largement due au conflit au Soudan.
Contextualisation des expulsions massives
Parallèlement, le Rwanda a annoncé au début d’août qu’il accueillerait jusqu’à 250 personnes expulsées des États-Unis dans le cadre d’un accord similaire avec Washington. D’autres pays ont également reçu des migrants originaires des États-Unis : huit d’entre eux ont été pris en charge en juillet par le Soudan du Sud, dont un seul était originaire de ce pays en proie à la pauvreté.
En juillet, cinq personnes en situation irrégulière aux États-Unis et provenant d’Asie ou des Caraïbes ont également été expulsées vers l’Eswatini. L’administration Trump a justifié ces expulsions en affirmant que leurs pays d’origine refusaient d’accueillir ces « criminels ». De plus, en mars, 252 ressortissants vénézuéliens avaient été expulsés vers le Salvador, principalement pour des liens supposés avec un gang déclaré organisation « terroriste » par Washington. Ils ont été incarcérés dans une prison de haute sécurité avant d’être rapatriés au Venezuela en juillet, suite à un accord entre les deux nations.