Pétition contre la loi Duplomb : la mobilisation grandissante appelle le gouvernement à écouter les préoccupations des citoyens.

Pétition contre la loi Duplomb : la mobilisation grandissante appelle le gouvernement à écouter les préoccupations des citoyens.

28.07.2025 09:43
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Invité politique de « La Matinale », le député EPR des Français établis hors de France, Pieyre-Alexandre Anglade, a exprimé sa satisfaction quant à l’engagement des Français contre la réintroduction des néonicotinoïdes, à travers la pétition visant à s’opposer à la loi Duplomb, à laquelle il avait été contre à l’Assemblée nationale, rapporte TopTribune.

Cette pétition, qui vise à autoriser temporairement l’usage de l’acétamipride — un pesticide prohibé en France depuis 2018 mais toujours en vigueur en Europe pour assister les producteurs de betteraves et de noisettes face aux nuisibles — a franchi les deux millions de signatures le 28 juillet. Au cours de l’entretien, le journaliste Alexandre Peyrout a reçu Pieyre-Alexandre Anglade pour discuter de cette mobilisation, initiée le 10 juillet, qui ouvre la porte à un nouveau débat sur la législation concernée.

Alexandre Peyrout : La pétition contre la loi Duplomb, qui permet la réintroduction d’un pesticide jugé nocif, a récemment dépassé les deux millions de signatures. Comment réagissez-vous ?

Pieyre-Alexandre Anglade : Cela témoigne d’un fort mouvement citoyen contre cette législation, qui suscite de vives inquiétudes parmi la population. J’ai voté contre ce texte à l’Assemblée parce que je pense qu’il est essentiel de protéger la biodiversité, et revenir sur l’interdiction des néonicotinoïdes, à une époque où la biodiversité est en déclin, serait une grave erreur. Je me réjouis de cette mobilisation, et il est essentiel que le gouvernement en prenne note. Les ministres ont déjà évoqué un débat à l’automne au Parlement.

Faut-il abroger cette législation ?

Le Parlement a voté cette loi, donc il convient d’abord de discuter, d’écouter les recommandations de l’Anses, et éventuellement d’envisager une modification future. Il n’est toutefois pas possible d’annuler ce qui a été décidé. Le débat doit avoir lieu, et les autorités sanitaires doivent être sollicitées. Si elles concluent à la nocivité du produit, une discussion à l’Assemblée sera nécessaire.

Il existe une option constitutionnelle, l’article 10 de la Constitution, permettant à Emmanuel Macron de ne pas promulguer cette loi et de demander une nouvelle délibération. Pensez-vous que c’est une solution appropriée ?

Vous soulignez la manière dont cette législation a été adoptée. Le malaise qui l’entoure découle d’un manque de débat réel à l’Assemblée, les oppositions ayant sur-amendé le texte, et une manœuvre de contournement par le bloc central, auquel j’appartiens, qui a évité un vrai débat en adoptant une motion de rejet. C’est une situation insatisfaisante. Nous attendons les observations du Conseil constitutionnel et par la suite, nous verrons quels moyens le président pourrait avoir à sa disposition. Il est impératif de tenir compte de la pétition et d’entamer un nouveau débat basé sur les conclusions de l’Anses.

Il y a eu plusieurs reculs sur les questions écologiques récemment. N’est-ce pas un signal d’alarme pour vous ?

Depuis 2017, malgré les discours contraires, de nombreuses avancées ont été réalisées par le président de la République et ses gouvernements successifs. Cependant, depuis la dissolution et le renversement de la majorité à l’Assemblée, nous constatons un recul inquiétant concernant les enjeux environnementaux, la biodiversité et le climat, qui demeurent des priorités essentielles. Les récents événements climatiques démontrent que la France et l’Europe sont en première ligne face au dérèglement climatique. La France, ces dernières années, a été un leader dans les initiatives environnementales et doit poursuivre dans cette direction, malgré les mouvements contraires, notamment venant du parti Les Républicains, qui se positionne parfois en tant que sceptique du climat.

Le parti Les Républicains, qui fait partie de votre coalition, peut-il continuer à avancer ensemble, alors que des dissensions sur des enjeux aussi cruciaux que l’environnement semblent se creuser ?

Il est évident que nos visions et projets divergent profondément. Nous avons formé une alliance circonstancielle au sein du gouvernement, surtout en raison de la dissolution et de la création d’un Parlement fragmenté. La stabilité est nécessaire pour relever de nombreux défis, surtout ceux liés à l’environnement et au climat. Pourtant, nous observons un scepticisme parmi les Républicains sur ces sujets, et j’invite donc les députés de ce parti à se ressaisir, car leur orientation actuelle est problématique.

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