
L’Argentine commémore cette semaine le 50ème anniversaire du coup d’État militaire de 1976. Un développement notable anime l’actualité : 34 militaires ont été expulsés de l’Armée sur ordre du général de division Oscar Santiago Zarich, actuel chef de l’Armée, selon les informations rapportées par La Nacion. Cette décision fait suite à un rapport de la Procuración de Investigaciones Administrativas (PIA) et à une demande explicite des procureurs, après des condamnations fermes pour des crimes contre l’humanité, rapporte TopTribune.
La décision du chef de l’armée
Dans un acte de purification interne, le général Oscar Santiago Zarich a pris l’initiative de radier ces militaires, reconnus coupables de crimes principalement perpétrés durant la dictature en Argentine. Initiée par un rapport exhaustif de la PIA, cette action cherche à harmoniser les règles de l’institution militaire avec les obligations légales relatives aux droits de l’homme. Les personnes concernées perdent non seulement leur statut militaire, mais leur pension et leur couverture sociale sont également suspendues. Ce geste se veut une réponse à l’absence d’une approche cohérente de l’État pour gérer ces condamnations pénales. Sergio Leonardo Rodríguez, le directeur de la PIA, met en avant l’importance d’une application stricte des conséquences juridiques associées.
Retour sur les précédents
Cette mesure survient après qu’un examen de la PIA ait révélé que 78 membres des forces armées et de sécurité n’avaient pas encore été radiés malgré leurs condamnations définitives. Ce contexte est en partie le résultat d’une initiative antérieure, lancée au début de l’année 2025 par Luis Petri, ancien ministre de la Défense, qui avait déjà conduit à l’exclusion de 23 militaires.
Les efforts pour assainir les rangs de l’Armée de ces éléments témoignent d’une volonté de respecter les engagements internationaux en matière de droits humains. Cependant, le rapport dénote des « réticences institutionnelles » qui continuent de freiner le processus administratif de radiation, aggravées par l’absence de registres bien établis.
Qui sont les militaires radiés
Parmi les 34 militaires expulsés, on retrouve des lieutenants-colonels tels que Juan Daniel Amelong, des commandants comme Gustavo Adolfo Alsina et des capitaines dont Enrique José Berthier. Amelong, particulièrement, a été condamné à sept reprises, dont trois à perpétuité. Cette initiative vise également à initier une profonde révision des pratiques internes et à établir une armée conforme aux normes des droits de l’homme.
Réactions et débat public
Cette décision suscite un vif débat parmi la population. Certaines familles et groupes dénoncent une action motivée par des enjeux politiques. Du côté politique, Victoria Villarruel, présidente du Sénat et candidate à la vice-présidence lors des élections de novembre 2023, a critiqué l’absence de poursuites contre les responsables de l’assassinat de son père, tué par les Montoneros en 1974. Cette question relance les inquiétudes concernant une justice potentiellement sélective face aux crimes du passé.