
L’USS Gerald R. Ford, considéré comme le porte-avions le plus imposant au monde, suscite l’attention en raison de divers difficultés opérationnelles. Ces incidents surviennent alors que la marine américaine est soumise à une pression accrue, malgré un potentiel teorique élevé. L’USS Gerald R. Ford met en lumière la complexité ainsi que les vulnérabilités des porte-avions confrontés par l’US Navy, rapporte TopTribune.
Pannes techniques et répercussions
Récemment, l’USS Gerald R. Ford a été touché par plusieurs problèmes techniques, tels qu’un incendie dans la buanderie, perturbant les opérations pendant deux jours. Selon BFMTV, cet incident a nécessité l’évacuation d’un marin, et plus de 100 membres de l’équipage ont souffert d’une intoxication. Malgré ces incidents, l’US Navy a affirmé que le navire demeure pleinement opérationnel.
Cependant, ces complications témoignent de défis plus vastes au sein de la flotte américaine, exacerbés par la surutilisation des navires disponibles. En théorie, la marine peut compter sur 11 porte-avions nucléaires, dont 10 de la classe Nimitz et l’USS Gerald R. Ford, mais seuls 4 de ces porte-avions sont réellement déployables à tout moment.
Déploiement prolongé et présence maritime
Initialement, l’USS Gerald R. Ford a été déployé en mer Rouge dans le cadre des opérations contre l’Iran. Ce navire a passé près de neuf mois en mer, soit 283 jours, s’approchant d’un record de déploiement prolongé établi en 2020. Pendant cette période, une escale de cinq jours à Split, en Croatie, a permis quelques réparations.
À l’avenir, il est probable que le navire soit redéployé au Moyen-Orient, région marquée par de vives tensions géopolitiques. La situation se complique davantage avec le déplacement de l’USS Abraham Lincoln, le seul autre porte-avions présent initialement dans cette région, tandis que l’USS George H. W. Bush se prépare à arriver avec des destroyers de classe Arleigh Burke.
Innovations et la « boucle infernale »
Mise en service le 22 juillet 2017, l’USS Gerald R. Ford incarne une nouvelle ère pour les porte-avions : des systèmes électromagnétiques remplacent les catapultes à vapeur, la puissance des réacteurs nucléaires a été augmentée, et l’automatisation réduit la nécessité d’un grand équipage, à environ 1 000 marins. Cette modernisation est conçue pour accroître l’efficacité opérationnelle, permettant au porte-avions de réaliser entre 25 % et 33 % de sorties aériennes supplémentaires qu’un modèle précédent, avec des missions pouvant atteindre 270 par jour en guerre.
Cependant, cet ensemble d’avancées techniques vise à diminuer les coûts de maintenance, permettant ainsi d’économiser plusieurs milliards sur une durée de vie estimée à environ 50 ans.
Malgré tout, la complexité de maintenir une flotte vieillissante tout en construisant de nouveaux navires engendre une « boucle infernale » : les retards dans les livraisons obligent à conserver en service des navires plus anciens, les chantiers navals se concentrent sur des réparations lourdes, saturant les infrastructures et retardant les nouvelles constructions. Ce cycle contribue à créer une flotte fragile et coûteuse, problématique accentuée par des difficultés en matière de main-d’œuvre et d’approvisionnement.
Les analyses du GAO (Government Accountability Office) révèlent ces failles, signalant des retards et des surcoûts importants au sein du programme naval américain.